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A M A N I T E S

[Classification des Amanites]  -  [Quelques Amanites rares ou originales] - [Amanites des dunes girondines]

 

classification des amanites observées en gironde et départements limitrophes

(F. Massart - Mars 2003 - d'après système M. Bon)

Classe : Basidiomycotina

Sous-classe : Agaricomycetidae

Ordre : Agaricale

Famille : Amaritaceae

Genre Amanita (Pers.: Fr.) Hooker 1821

Voile général manifestement présent, membraneux ou ± diffus, sporée blanche (à une exception près).

 

 

Sous-Genre Amanitopsis Roze

Voile général membraneux ou friable ± diffus, pas de voile partiel apparent - même dans le jeune âge - marge cannelée, spores non amyloïdes.

Sous-Genre Amanita Gilbert

Voile général membraneux ou friable ± diffus, voile partiel membraneux, marge cannelée, spores non amyloïdes.

Sous-Genre Lepidella Gilbert

(Gilb.) Vesely emend Corner & Bas

Voile général et voile partiel de types divers, marge lisse, spores amyloïdes.

Section Inauratae M. Bon

voile général friable, ± diffus :

 

A. ceciliae (Berk. & Br.) Boudier

A. friabilis (P. Karst.) Bas

A. beckeri Huijsm.

A. submembranacea (Bon) Gröge

 


Section Vaginatae M. Bon

voile membraneux, espèces en majorité graciles, de colorations diverses :

 

Sous-section Spherosporeae M. Bon

spores sphériques :

 

A. vaginata (Bull.: Fr.) Vittad. - et var.

A. vaginata fo. plumbea (Sch.) Vesely

A. vaginata var. alba Bull.: Gillet

A. vaginata var. flavescens (Gilb. & Lund.) Gilb.

A. fulva (Sch.: Fr.) Fr.

A. crocea (Quél.) Melz. - et var.

A. battarae (Boudier) Bon

A. umbrinolutea (Gilb.) Bat.

A. badia (Sch.: Gill.) Boudier

A. pachyvolvata (Bon) Kriegl.

A. lividopallescens (Gill.) Gilb. & Kühn

A. malleata (Piane ex Bon) Contu

 

Sous-section Ovisporeae M. Bon

spores ovoïdes ou elliptiques

 

A. argentea Huijsman

A. mairei Foley

A. supravolvata Lanne

A. huijsmanii Massart & Rouzeau

A. lividopallescens var. tigrina Romagnesi

A. magnivolvata Aalto

n.b. Ces deux sous-sections comportent de nombreux taxons non encore "délimités", en fait une certaine confusion (une confusion certaine !) règne encore au sein des Amanitopsis.

 

Section Caesareae Sing.

voile général membraneux très épais :

 

A. caesarea (Scop. : Fr.) Pers.

 


Section Amanita Sing.

voile général friable, ± diffus :

 

A. muscaria (L.: Fr.) Hook. - et var.

A. pantherina (De Cand.: Fr.) Kromb.

A. gemmata (Paulet) Bertill. - et fo.

A. eliae Quélet

A. eliae fo. griseovelata Bertault

 


Sous-genre Amanitina Gilbert

Voile diffus ou, membraneux, voile partiel membraneux, marge lisse, spores amyloïdes.

 


Section Valida (Fr.) Quél.

voile général diffus, espèces généralement colorées de beige rosé à brun ± foncé :

 

A. rubescens (Pers.: Fr.) S.F. Gray

A. spissa (Fr.) Kummer

A. valida (Fr.) Dörf. & Roth

A. excelsa (Fr.: Fr.) Dörf. & Roth

A. cariosa (Fries) Gillet

A. franchetii Boudier

 


Section phalloideae (FR.) Quél.

voile général membraneux et voile partiel membraneux

 

A. phalloides (Vaill.: Fr.) Link.

A. phalloides var. larroquei (Massart & Beauvais 1975) ex Massart 2003

A. virosa (Lamark) Bertillon

A. verna (Bull.: Fr.) Lamark

A. verna var. decipiens Trimb.

 

Sous-section Mappae Gilb.

voile général ± diffus, voile partiel membraneux.

 

A. citrina (Schaef.: Fr.) S.F. Gray

A. citrina fo. alba (Price) Qu. & Bat.

A. citrina fo. crassior Mass. & Rouz.

A. asteropus Sabo ex. Romagn.

A. porphyria (Alb. & Schw.: Fr.) Mlady

 

Section Lepidella Gilb.

voile général souvent dissocié en verrues cunéiformes, espèces blanches ou de teinte claire :

 

A. strobiliformis (Paulet) Bertillon

A. echinocephala (Vitt.) Quelet

A. boudieri Barla

A. beillei Beaus. (lames et sporées colorées de rose saumon).

A. gracilior Bas & Honrubia

A. singeri Bas

A. beillei (formes automnales à cuticule, lames et sporées colorées).

A. solitaria var. subbeillei Neville & Poumarat (spores ovoïdes).

A. gracilior var. beilleioides Neville & Poumarat (spores subcylindriques).

 


Section Amidella Gilb.

voile général membraneux important, voile partiel soit ± farineux, soit membraneux et fugace, espèces charnues parfois de forte taille, blanches ou très claires.

 

A. gilberti Beaus.

A. proxima Dumée

A. ovoidea (Bull.: Fr.) Link.

A. groupe valens1

A. lepiotoides Barla

 

 

 

1 - Chez ce groupe, que nous connaissons mal, le voile partiel est fugace au point de paraître inexistant.

 

 

Sur la soixantaine de taxons observés, nous avons sélectionné les onze espèces, variétés et formes suivantes en raison de leur rareté ou de leur originalité.

 

Amanita friabilis (P.Karsten) Bas

= Amanita alnicola Rouzeau et Massart

Cette rare petite amanite hôte des couverts d'aulnes a été découverte en 1963 par Rouzeau et Massart à Mérignac (banlieue ouest de Bordeaux), et publiée en 1966 sous le binôme Amanita alnicola. Par la suite, les auteurs devaient apprendre que le champignon avait déjà fait l'objet d'une description et reconnaître son antériorité (cf. Bull. S.L.B. n° 7-8 sept. 1975).

La station initiale ayant disparu en raison de l'expansion urbaine, il fallut attendre 2002

pour revoir cette amanite découverte par C. Rouzeau sur autre station à Canéjan (Gironde) où elle voisine avec Russula pumilla Rouzeau et Massart, autre commensale des aulnaies.

La photo proposée représente ces deux taxons.

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Amanita friabilis

Amanita huijsmanii Massart et Rouzeau

Décrite en 1989, après cinq années d'observation sur différentes stations de l'Entre-Deux-Mers, sur terrain argilo-calcaire et couvert de feuillus, cette amanite peut être qualifiée de thermophile, toutes les récoltes ou observations ayant été effectuées en août ou début septembre. De petite taille et "courte sur pattes", la hauteur du pied est généralement égale ou légèrement supérieure au diamètre du chapeau, elle se singularise en outre par l'aspect métallisé de son épicutis, sa volve naissant bas sur le stipe et à la longue apprimée sur le stipe. Les spores ovoïdes offrent un Q moyen de 1,4.

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Amanita huijsmanii - (holotype)
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cutis spores

Amanita supravolvata Lanne 1979.

Découverte en 1977 et décrite en 1979 par le mycologue linnéen Claude Lanne, cette espèce est depuis observée en milieu dunaire, sur la lette, pratiquement tout le long de la côte Sud-Ouest atlantique de la France, cette situation fait que, comme nombre d'espèces qui croissent  dans le sable, les sporophores sont profondément enfouis dans le sol, au point que parfois seul un tumulus de sable révèle leur présence. Outre son habitat bien particulier, cette amanite se caractérise par la teinte assez neutre, gris très pâle à ivoirin, de sa cuticule pilléique, souvent masquée par un voile sablonneux, par la position de sa volve située de 2 à 3 cm au-dessus de l'extrémité du stipe et ses spores longuement ovoïdes (rapport Q = 1,5)

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Amanita supravolvata

Amanita citrina fo. crassior  Massart et Rouzeau 1999.

Cette forme massive de Amanita citrina croît en arrière-automne sur le littoral atlantique en milieu dunaire boisé (Maubuisson-Bombannes, Le Porge). Quelques exemplaires isolés  ont été observés plus à l'intérieur sur terrain sablonneux (Rouzeau, à Canéjan, 2003). Cette forme de A. citrina est comparable à la  fo. amici de A. junquillea, port trapus, bulbe napiforme volumineux, teinte générale plus neutre  que les espèces typiques.
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Amanita citrina fo. crassior

Amanita asteropus Sabo ex Romagnesi.

Amanite estivale découverte par R. Sabo en Médoc au cours de l'été 1956, décrite en 1963 par cet auteur et validée par H. Romagnesi en 1982. D'abord circonscrite à la Gironde, l'aire de répartition de cette amanite s'est étendue au fil des ans aux départements limitrophes et même dans des régions beaucoup plus éloignées (Jura - Romagnesi, 1982).

Cette espèce a  fait l'objet de plusieurs communications, Massart, 1980, Guinberteau et Andary, 1983, entre autres. Ces derniers auteurs avaient assimilé A. asteropus à l'espèce nord-américaine d'aspect proche, A. brunnescens Atk  (D.M. t. XIII, 52, nov. 1983). A la suite d'une étude pratiquée conjointement, R.Tulloss et F.Massart  (D.M. t. XXVIII, 109-110, avril 1998) ont écarté cette hypothèse.

Amanita asteropus peut apparaître dès le mois de juin, mais c'est le plus souvent à partir de juillet et jusqu'en septembre qu'elle croît, souvent en abondance, sous les couverts de feuillus et bois mêlés, on en rencontre encore quelques exemplaires en octobre, plus rarement en novembre.

Le bulbe hémisphérique, souvent éclaté en quatre à six lobes, la forme tronconique du chapeau, les maculatures brun rouille qui envahissent progressivement le sporophore, sont les caractères originaux de cette espèce.

Les dessins présentés ont été réalisés en 1960  et 61 par Massart à partir de sujets prélevés sur divers sites du Médoc.

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Amanita asteropus
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Amanita eliae Quelet

Cette espèce de fin de printemps est assez rare, elle croît de la fin mai à la fin juin, sous couverts de feuillus sur terrain argilo-calcaire. Signalée pour la première fois par Massart le 22 mai 1961 dans le talweg de Tresses-Mélac, elle est depuis  régulièrement observée en Entre-Deux-Mers, une station constante est suivie à Capitourlan, à la limite de la Gironde et de la Dordogne.

Quelques spécimens ont cependant été observés sur la rive gauche au sud-ouest de Bordeaux (juin 1969, à Canéjan, C.Rouzeau - mai 2000, à Pessac, R. Guichaoua).

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Amanita eliae

Amanita eliae fo. griseovelata Bertault.

Découverte par R. Charron le 17 juin 1976 à Capitoulan (unique station connue à ce jour) en voisinage avec l'espèce typique, cette forme, généralement  plus  grande et plus robuste, aux tonalités plus neutres, possède en outre un voile général plus ample et plus  épais, elle peut croître en groupes de plusieurs individus.
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Amanita eliae fo. griseovelata

Amanita boudieri Barla.

Primitivement observée dans les Landes (Mesplède, 1970), cette espèce printanière a été signalée (Rouzeau et Massart, 1980) à Eysines dans la banlieue bordelaise sur une station de Amanita gilbertii découverte par Massart en 1968. Plus récemment (Boucharat, 1998) une nouvelle station était localisée dans le lotissement de "La Palombière" à Saint-Médard-en-Jalles, où elle voisine avec A. gilbertii
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Amanita boudieri

Amanita beillei (Beauseigneur) Mesplède ex Bon et Contu.

Autre espèce exclusivement  printanière (mai-juin)  et hôte des pinèdes des Landes de Gascogne, diffère de Amanita boudieri Barla – avec laquelle elle cohabite - par la teinte générale du sporophore, de ocre clair à isabelle, la  coloration de ses lames et de sa sporée allant du jaune nankin au rose saumon selon les sujets et leur degré de maturité.

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Amanita beillei Amanita beillei (au centre)

Amanita solitaria var. subbeillei Nevile & Poumarat

Très proche d'aspect de A. beillei, cette amanite s'en distingue par les lieux et la période de pousse :  couverts de feuillus en terrain argilo-calcaire en été et en début d'automne, la couleur brun-rosé des sporophores. Observée par Massart en Entre-Deux-Mers en 1965, elle est depuis régulièrement observée dans cette région.
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Amanita solitaria var. subbeillei

Amanita gilbertii Beauseigneur.

Couramment observée dans les Landes, cette autre amanite vernale a été observée en Gironde pour la première fois en avril 1939 par les mycologues linnéens dans les bois de Caupian-Médoc, puis en 1945 par Malvesin-Fabre  au Haillan. Au cours du printemps 1950, Malvesin-Fabre et Eymé la signalaient dans le même secteur, puis il semble que cette espèce tomba dans l'oubli. Il fallut attendre juin 1966 pour  que  Massart en découvre, tout à fait fortuitement,  une nouvelle station dans les bois du Déhes à Eysines, station au demeurant très constante. Depuis - comme nous le signalons dans le texte de A. boudieri -  une autre localisation de cette amanite a été découverte à Saint-Médard-en-Jalles.

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Amanita gilbertii

Amanita lepiotoides Barla.

Cette espèce thermophile et  typiquement méridionale a été découverte en 1957 par C. Freeman à St Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques). Vingt-deux années plus tard, le 29 août 1979, Massart en découvrait un exemplaire en Entre-Deux-Mers à Lignan-de-Bordeaux, et deux ans plus tard, en août 1981, Rouzeau, pour ne pas être en reste, en trouvait à son tour un exemplaire à Capitourlan sur la station connue de Amanita eliae. Aucun autre exemplaire ne fut, à ce jour, revu sur ces deux endroits. Il fallut attendre le 13 juillet 2002 pour revoir cette espèce, redécouverte par B. Lartigue à Cérons sur rive gauche cette fois.

La volve épaisse, le rosissement puis brunissement de la chair des lames et du stipe au contact et à la coupe sont deux des critères qui permettent de situer cet oiseau rare.

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Amanita lepiotoides