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Sans être assortis de
nombreux détails biographiques, sont rassemblés ici les noms
de ceux qui ont contribué à la connaissance de la botanique en
Gironde. Ces botanistes, exception faite évidemment de ceux
disparus avant 1818, ont été membres de la Société Linnéenne
de Bordeaux. Beaucoup l'ont été pendant plusieurs décennies
et ont laissé la marque de leur personnalité et de leur
travail, tant sur le plan strictement botanique que dans le
domaine de l'administration et de la maintenance de la Société.
Cette
liste comporte des noms connus de tous, et d'autres dont la
notoriété n'a pas dépassé la région, des noms appartenant
à des temps révolus et des noms de contemporains. Pour des
raisons évidentes, aucun nom de personnalité vivante n'y
figure.
En
fonction des renseignements fournis par les publications et par
les archives de la Société, sont indiquées dates et
profession, car souvent la botanique était une activité parallèle,
expression d'un amateurisme passionné. Pour éviter les répétitions,
le lieu de résidence n'est précisé que si ce n'est pas
Bordeaux, et le terme de Société sous-entend Société Linnéenne
de Bordeaux.
Aymen Jean-Baptiste (1728-1784)
Médecin à
Castillon-la-Bataille
Correspondait, sur un ton d'égal
à égal, avec Linné qui lui adressait ainsi les réponses: " Au très
illustre homme D.D. J.-B. Aymen Médecin bordelais"
La Société possède une
lettre de Linné adressée à Aymen.
Ballais Camille (1887-1977)
Jardinier de château.
S'intéressa
spécialement aux adventices croissant autour des installations
portuaires de la Garonne. Publia peu, mais a laissé de
nombreuses notes manuscrites, données à la Société et
exploitées récemment.
Bory de Saint-Vincent
Jean-Baptiste
(1778-1840)
Général, géographe.
Participa
à des expéditions scientifiques.
Ne
résidait pas en Gironde, mais son passage y fut marqué par
l'observation de Lobelia dortmanna à l'étang de Cazaux
et la découverte au Cap Ferret d'Ophioglossum azoricum,
nouveau pour la flore de France.
Brochon Henri (1833-1896)
Avocat.
Constitua un herbier
volumineux auquel il joignit par la suite celui de A. Clavaud.
Il s'était vu dédier par ce collègue et ami la nouvelle espèce
d'élatine qu'il avait découverte à Saucats.
Campaigne Pierre
Professeur
de botanique à "l'école de Bordeaux".
Il
est cité par J.-F. Laterrade parmi les premiers à s'être
occupés ici de botanique.
Son
herbier, commencé vers 1755, est un des plus anciens possédés
par la Ville.
Chantelat A. (1799-1856)
Pharmacien
à La Teste de Buch.
Publia
un catalogue des plantes autour de la Teste. Il célébrait
chaque année sur place une fête linnéenne dont il envoyait un
compte rendu détaillé au président, à Bordeaux.
Clavaud Armand (1828-1890)
Professeur
du cours municipal de botanique.
Elabora
pour son enseignement de grandes fiches remarquablement dessinées.
Fit
de nombreuses publications, dont une Flore de la Gironde, avec
des illustrations de sa main, demeurée inachevée. Il fut l'ami
du peintre Odilon Redon, à qui il fit connaître le monde des
plantes.
Contré
Emile (1916-1981)
Instituteur dans les Deux-Sèvres.
Prit une retraite anticipée pour se consacrer aux
herborisations et à une connaissance approfondie de la flore.
Des Charentes et des Deux-Sèvres, il étendit ses
investigations à plusieurs départements du centre-ouest, dont
la Gironde est le plus méridional. De son fichier manuscrit,
qui contient de très précieuses indications, la partie
concernant la Gironde a pu être récemment publiée dans notre
Bulletin grâce à l'amabilité de la Société Botanique du
Centre-Ouest, détentrice des documents E. Contré.
Dangeard Pierre (1895-1970)
Professeur de botanique à la
Faculté des Sciences, membre correspondant de l'Académie des
Sciences.
Consacra ses recherches à
l'algologie et à la cytologie.
Dargelas Raymond (1762-1842)
Professeur municipal de
botanique.
Adepte des idées de Linné,
il participa aux premières réunions en l'honneur du savant suédois.
A été, avec Laterrade,
fondateur de la Société dont il fut le premier président.
Deloynes (ou De
Loynes)
Pierre (1841-1914)
Professeur à la Faculté de
Droit.
Herborisant dans tout le département,
il publia à la Société de nombreuses notes et comptes rendus
d'excursion.
Des Moulins
(ou
Desmoulins)
Charles (1798-1875)
Appartient à la même
administration que son père, directeur des Douanes, mais s'en
retira précocement.
Naturaliste complet, il
correspondait avec les notoriétés scientifiques des différentes
disciplines (géologie, préhistoire et botanique
principalement).
Parmi ses nombreuses
publications, il faut citer le "Catalogue Raisonné des
Phanérogames de la Dordogne". Les différents
fascicules qui le composent se sont échelonnés sur une
vingtaine d'années et les titres en ont quelques variantes.
Dufour Léon (1780-1865)
Médecin à Saint-Sever
(Landes) comme son père.
Accompagna comme médecin
l'armée napoléonienne en guerre en Espagne d'où il ramena
nombre d'échantillons botaniques et entomologiques. Il s'intéressa
aux lichens aussi bien qu'aux maladies de la vigne.
Il a publié des notes à la
Société. Sa bibliographie dans son ensemble atteint le nombre
de 300 titres.
Durieu
de Maisonneuve
Michel
(1796-1878)
Officier.
S'intéressa très tôt à la
botanique. Fit partie de la mission scientifique envoyée par le
gouvernement français en Algérie dès la fin des opérations
militaires, au cours de laquelle il réunit les matériaux qui
ont servi de base à la "Flore d'Algérie" publiée en
collaboration avec Cosson.
En 1853, il accepte de quitter Paris pour s'installer à
Bordeaux. Il doit aider, tout en agissant avec tact et
diplomatie, Laterrade
avant de lui succéder au cours municipal de botanique et au
Jardin des Plantes. A ce moment-là (1856), cet établissement
subit son transfert au Jardin Public.
Il s'intéressa particulièrement
aux mousses, lichens, et Isoètes. Il dédia Isoetes
boryana à Bory
de Saint-Vincent
qui, à son tour, lui dédia Isoetes
durieui.
Foucaud Julien (1847-1904)
Instituteur, puis directeur
du Jardin botanique de la Marine à Rochefort-sur-Mer
(Charente-Maritime).
Collabora à la 4ème édition
(1886) de la "Flore de l'Ouest de la France" de
J. Lloyd, à
laquelle il ajouta les départements de la Gironde, des Landes
et le littoral des Pyrénées-Atlantiques.
Guillaud Jean (1849-
1923)
Professeur à la Faculté de
Médecine et de Pharmacie.
Publia en 1883 une "Flore
de Bordeaux et du Sud-Ouest".
En 1882 il avait fondé
"Le Journal d'Histoire Naturelle de Bordeaux et du
Sud-Ouest" dont la parution cessa en 1888.
Jeanjean Alexis Félix
(1867-1941)
Directeur d'école en
Lot-et-Garonne, à Villeneuve-sur-Lot.
Prenant une retraite anticipée
en 1923, vient s'installer à Bordeaux pour se consacrer à la
botanique. Il lance le projet d'un travail floristique
d'ensemble qui est accueilli avec enthousiasme par les Linnéens.
Ils apportent leur concours à ce travail d'équipe dont Jeanjean
assure la synthèse, et l'œuvre est presque achevée au seuil
de la deuxième guerre mondiale. Elle ne sera publiée qu'en
1961, et pro parte sous forme de catalogue.
Labrie Jean-Joseph (1867-1927)
Curé
de paroisse.
Exerça son ministère en Entre-deux-Mers pendant 34 ans.
Durant
toutes ces années, il herborisa dans cette partie du département
et en fit connaître la flore, jusque-là délaissée, s'intéressant
tout particulièrement aux tulipes dans les vignes.
C'est lui qui reconnut dans les tulipes rouges la présence de Tulipa
praecox
à côté de T.
agenensis (T.
oculus-solis).
Larroque
Marcel (1907-1990)
Chef d'équipe au Jardin Botanique municipal.
A peu publié, mais, a toujours mis sa profonde
connaissance de la flore girondine, et ornementale, ainsi que
ses compétences techniques, au service de tous. Sa
participation aux activités de la Société, dont il demeura un
pilier et un mainteneur en période de vaches maigres, et sa présence
efficace aux excursions et aux séances de détermination a aidé
efficacement bien des botanistes actifs actuellement en Gironde.
Latapie François-de-Paule (1739-1823)
Inspecteur des Manufactures de la province de Guyenne.
Professeur municipal de botanique, enseignait aussi la langue grecque. Il
réunissait ses élèves en fête annuelle dédiée à Linné.
Après la période révolutionnaire, la célébration en fut
reprise en 1818. Trop âgé, il n'assista pas à la fête mais
fit partie de la toute jeune société.
Il est l'auteur de l' "Hortus burdigalensis", paru en
1784 et considéré comme le premier ouvrage proprement
botanique publié à Bordeaux.
Laterrade
Jean-François (1784-1858)
Enseigna diverses matières dans plusieurs établissements avant d'ouvrir
chez lui, un cours de botanique qu'il arrêta en 1841. Il
poursuit son enseignement botanique en 1842, en devenant
professeur municipal au Jardin des Plantes.
Dès 1811, il publia une "Flore Bordelaise" qui jouit
d'un tel succès qu'elle aura trois autres éditions (1827,
1829, 1846) et s'étendra au département, avec la description
d'un nombre de plantes de plus en plus important.
Désireux de donner à la botanique une impulsion au-delà de ses cours,
il fonda la Société en 1818. Les autres membres fondateurs le
nommèrent aussitôt directeur, c'est-à-dire qu'ils lui confièrent
le rôle le plus actif et le plus efficace.
Par ailleurs, il fondait en 1823 le périodique
agricole "l'Ami des champs" qu'il rédigea
pendant plus de 30 ans, avant qu'un de ses fils ne le relaye
dans cette lourde tâche.
Sa vie durant, il ne cessa d'herboriser,
d'enseigner, et d'encourager tous ceux chez qui il avait su développer
le goût de la botanique. Correspondant avec les notoriétés
scientifiques, suscitant les travaux des membres de la Société
qu'il dirigeait fermement, il donna impulsion et renom à la vie
scientifique de la ville, sans chercher les honneurs et la fréquentation
des salons bordelais.
Lespinasse Gustave (1807-1876)
Agent de change.
Céda sa charge en 1855 pour se consacrer à la botanique.
Il s'intéressa spécialement aux algues et aux mousses.
Il réunit un herbier important et une riche bibliothèque qui est
devenue la base de la bibliothèque botanique municipale.
Quelque temps après son décès, la Société fit une exception
remarquée en accueillant son épouse, première femme admise
comme membre.
Malvesin-Fabre
Georges
(1893-1956)
Maître de conférences à la Faculté des Sciences, il enseignait la
botanique, puis fut nommé Professeur au certificat nouvellement
créé par le Ministère pour l'enseignement de l'anthropologie
et de la préhistoire.
Homme de terrain, il connaissait parfaitement la flore girondine, et
homme de laboratoire, il orienta les recherches vers l'étude
des pollens et des spores. La palynologie est au carrefour de la
botanique et de la préhistoire.
Motelay Léonce (1830-1917)
Travaillait dans le négoce international que son père avait créé, et
qui était en relation surtout avec l'Amérique du Sud.
Il consacrait ses loisirs à la botanique et put profiter de
l'enseignement de Laterrade.
Il s'intéressa particulièrement aux mousses et aux hépatiques.
Son herbier, auquel s'ajoutèrent les collections de Durieu,
est riche des plantes de France, d'Europe et d'Algérie, et
comporte de nombreuses notes de la main de prestigieux
correspondants. Les lettres reçues par L. Motelay,
avec celles reçues par Durieu
forment plusieurs volumes, et montrent l'importance de leurs échanges
épistolaires et la qualité de leurs correspondants.
Millardet Alexis (1838-1902)
Professeur
de botanique à la Faculté des Sciences.
Publia de très nombreux travaux sur la vigne et ses maladies. C'est en
1887 qu'avec Ulysse Gayon,
son collègue de chimie, il signe un travail sur le traitement
contre le mildiou par les composés cuivreux, point de départ
de la bouillie bordelaise que tout le monde connaît.
Moyne Jean
(1781-1842)
Médecin à Libourne, et administrateur du
jardin botanique de sa ville.
Il
dressa le catalogue des plantes croissant dans le jardin.
Il
organisa la section linnéenne de Libourne, fut ami et
collaborateur de Laterrade qui le remercie dans la préface de
sa Flore bordelaise.
Queyron Philippe (1871-1941)
Vétérinaire à La Réole.
Herborisa surtout dans le secteur où
l'amenaient les nécessités de sa profession.
Il s'intéressa aux tulipes dans les vignes
autour de la Réole.
Il publia en 1906 le "Catalogue des
Plantes Vasculaires du Bassin du Dropt (Dordogne, Gironde, Lot
et Garonne)"
D'autre
part, il est intéressant de mentionner quelques dates qui
jalonnent l'histoire de la botanique à Bordeaux, jusqu'à
l'aube du XIXème siècle :
1601 : A cette
époque, Charles
de l'Ecluse,
dit Clusius,
avait un correspondant
bordelais, Joachim
Venerius,
dont seul le nom latinisé
était connu, du moins jusqu'au mois de février 2005. En effet,
à cette date, un chercheur de la section des manuscrits de la
Bibliothèque royale de Belgique, le Dr. Michiel Verweij, a
découvert que le
manuscrit numéro ms. III 893/160 était de la main de Joachim
Venerius, signé (autographe) LEVENIER.
La lettre, en latin, est datée de Bordeaux, le 24 novembre
1611.
1629
: Fondation d'un premier Jardin des Plantes à Bordeaux.
1718 : La Fritillaire
est présentée, sous le nom de Fritillaria
aquitanica, à l'Académie des Sciences de Bordeaux, présidée
par Montesquieu.
1726, 1730, 1750, 1780, 1791 et 1801 : Fondation d'un
nouveau Jardin des Plantes et translations successives.
1856 : Dernière translation au Jardin Public où il est
encore.
1784 : Publication de " Hortus burdigalensis
".
1811 : Publication de la " Flore Bordelaise "
(1ère édition).
1818 : Fondation de la Société Linnéenne de Bordeaux.
M.
SÉRONIE-VIVIEN
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