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    Section       entomologie

 Responsable des activités : Christian GÉRY

 

Remarques générales sur les études entomologiques

 

Dans le cadre des "inventaires" de sites naturels remarquables ou sensibles, on demande de plus en plus de tenir compte de la faune entomologique... ce qui est bien normal, compte tenu de son importance dans tous les écosystèmes terrestres ! Mais les études entomologiques présentent des difficultés considérables qui rendent leur réalisation très différente de celle des études botaniques ou ornithologiques, par exemple, essentiellement à cause du nombre d'espèces, des difficultés de leur détermination, des variations spatio-temporelles des populations, et du manque de travaux scientifiques utilisables comme références.
  1. Les insectes (ce terme étant pris au sens large, c'est-à-dire comprenant l'ensemble des Hexapodes) forment le groupe biologique le plus riche en espèces ; bien qu'il n'existe pas de banque de données rassemblant l'ensemble des espèces décrites à ce jour, on peut estimer ce nombre à environ 900 000, c'est-à-dire à peu près 100 fois plus que d'Oiseaux, 200 fois plus que de Mammifères. Il doit exister environ 50 000 espèces d'insectes dans notre pays, donc un nombre plus de 10 fois supérieur à celui des Mammifères dans le monde ; il est certain que beaucoup d'espèces restent inconnues, même en France, mais surtout dans les écosystèmes tropicaux. Les estimations du nombre réel d'espèces vont, selon les auteurs, de 3 millions à plus de 10 millions ! (R. May, 1992). Au niveau mondial, 4 ordres majeurs atteignent ou dépassent les 100 000 espèces (Coléoptères, Lépidoptères, Diptères, Hyménoptères) ; ces mêmes ordres comprennent en France un nombre d'espèces que l'on peut estimer de 5 000 à 10 000 ou plus.

  2. Le nombre immense des espèces, leur taille souvent petite, voire très petite (la plupart des Coléoptères mesurent moins de 5 millimètres), l'homogénéité de la morphologie externe dans de nombreux groupes, rendent délicates les déterminations spécifiques. Les formes permettant une identification à vue, sans prélèvement, restent l'exception (certains grands Lépidoptères, Coléoptères et Odonates, par exemple) ; la très grande majorité des espèces ne peuvent être déterminées qu'au laboratoire, après examen à la loupe binoculaire. De plus, dans tous les groupes difficiles (c'est-à-dire presque tous), il est nécessaire de pratiquer la dissection des genitalias mâles et femelles pour en faire, à la loupe binoculaire et au microscope, une observation détaillée qui seule peut fournir les critères précis de l'identification spécifique ; on est donc très loin du "bird watching" des ornithologues... Même si on peut le regretter, ceci oblige l'entomologiste à se spécialiser non seulement dans l'étude d'un ordre, mais souvent dans celle d'une famille, et encore faut-il compter une bonne dizaine d'années pour former un spécialiste d'un groupe de taille moyenne (quelques milliers d'espèces).

  3. La récolte des prélèvements entomologiques fait appel à des techniques classiques, différentes selon les groupes (photos, fauchage, aspirateur, drap...). Les populations d'insectes sont souvent très variables au cours des saisons, de nombreuses espèces ne se rencontrant à l'état adulte que durant une période assez brève ; les stades larvaires sont presque toujours indéterminables au niveau spécifique. Par ailleurs, la distribution spatiale des populations est souvent très hétérogène, dépendant de micro-habitats particuliers, plus ou moins accessibles au chercheur. Enfin, il faut rappeler que la biologie et l'écologie de la majorité des espèces sont très mal connues, voire totalement inconnues ; tout ceci fait que la récolte dépend de nombreux facteurs mal maîtrisés, et reste donc en partie aléatoire. C'est d'ailleurs pour cela que les prélèvements, sauf dans des cas très particuliers et très exceptionnels, ne peuvent mettre en danger des populations dont on n'approche au mieux qu'une petite partie, à la différence de ce qui peut se produire pour d'autres groupes ; aussi la notion de "liste rouge" d'espèces protégées est-elle très contestée en entomologie.        

  4. Bien évidemment, dans un ensemble taxonomique aussi immense, la documentation est fragmentaire. En dehors de quelques groupes bien étudiés (Odonates, Carabes, Macrolépidoptères...), il existe peu de Faunes récentes permettant d'effectuer une détermination fiable. Cette situation est particulièrement grave en France, où les disciplines taxonomiques sont beaucoup plus méprisées que dans de nombreux pays voisins. Seul le spécialiste peut avoir accès aux publications éparpillées dans de nombreuses revues internationales qui, quand elles existent, sont nécessaires aux identifications. Le naturaliste n'a que deux solutions : employer un travail de synthèse s'il existe, ou bien recourir aux services d'un spécialiste du groupe, lui aussi s'il existe. Les travaux de synthèse sont rares, souvent anciens et donc peu fiables ; seuls quelques groupes ont fait l'objet d'une Faune récente et complète pour notre pays. Il faut saluer la reprise des publications de la série Faune de France (avec / par) Jean Péricart. Quant aux spécialistes, il n'en existe pas dans notre pays pour beaucoup de groupes, et, quand il en existe, ils sont si peu nombreux (souvent un seul pour chaque groupe !) qu'ils ne peuvent assurer tout le travail bénévole qui leur est demandé, d'autant plus que la majorité des entomologistes français sont des amateurs qui ne peuvent consacrer que leurs loisirs à leur discipline préférée. Dans ce contexte, on ne s'étonnera pas que les travaux faunistiques régionaux soient rarissimes, et encore la plupart des anciens sont-ils obsolètes au vu des progrès de la systématique.

         

 

La Société Linnéenne de Bordeaux réalise régulièrement des études entomologiques sur des sites sensibles [ä], pour le compte notamment de l'O.N.F. Elle fait intervenir sa section entomologique, très active, et respecte strictement la déontologie scientifique. Les insectes déterminés au niveau spécifique sont conservés par les déterminateurs, ainsi une vérification ultérieure est-elle toujours possible.

Par ailleurs, lorsque la détermination n'est possible qu'au niveau du genre, faute d'ouvrages de référence par exemple, elle ne cherchera jamais à le nier ou à nommer l'espèce "la plus probable".

Exemples d'articles spécialisés publiés dans le Bulletin par des auteurs Linnéens.

 

 Comme on peut le voir dans les sommaires de nos publications (voir pages correspondantes du site), l'entomologie constitue une part importante des recherches de la Société Linnéenne.

- Des études ponctuelles ou thématiques, souvent régionales, concernent tous les groupes d'Insectes.

- En outre, sont relatées des découvertes récentes d'espèces d'Insectes dans le Sud-Ouest de la France :

En effet, diverses espèces ont été nouvellement signalées, soit des formes invasives introduites dans notre région, soit des formes rares jusqu'alors inconnues en Aquitaine. Elles ont fait l'objet de notes dans notre Bulletin, et y sont illustrées. Si des lecteurs rencontrent ces taxons, nous les remercions d'avance d'en informer les entomologistes de la Société Linnéenne de Bordeaux.
 

1. - Hémiptères


-- La punaise Leptoglossus occidentalis a été recueillie en 2007 dans le Lot-et-Garonne par J.-P. Tamisier (voir article ci-joint, Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2008, 1). Cette punaise, originaire d'Amérique du nord, a déjà colonisé plusieurs pays européens, et semble en progression en Aquitaine. Elle est herbivore et s'attaque aux plantations de conifères.

                                                                              
2. - Hyménoptères


-- L'abeille Tetralonia nana vient d'être découverte en Gironde par F. Dittlo (voir article ci-joint, Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2008, 1). Ce taxon nord-méditerranéen semblait inconnu en Aquitaine, d'après nos données disponibles. Il est oligolectique sur la guimauve officinale. [Les observations potentielles sont à envisager vers le 14 juillet].

                                                                              

-- Le Frelon asiatique (Vespa velutina Lepeletier, 1836), espèce invasive, s'est largement répandu en Aquitaine et en particulier en Gironde. Les auteurs linnéens l'ont observé et étudié, par exemple S. Builles dans l'article ci-dessous (Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2008, 3), où des données sur son mode de vie sont présentées. Par ailleurs, P. Dauphin & H. Thomas ont examiné le contenu des pièges à frelon asiatique posés à titre expérimental à Bordeaux (in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2009, 3 ; voir article ci-joint).

          

3. - Coléoptères

-- Hypocaccus specularis est un Coléoptère Histeridae très rare en France. Il a souvent été confondu, notamment avec des espèces du même genre, et plusieurs localités anciennes (listées dans l'article) s’avèrent erronées. Sa découverte récente dans le Gard apporte quelques éléments sur la biologie de l'espèce, qui jusqu'à présent n'était connue que de débris d'inondations (article de M. Secq & J.-P. Tamisier in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2001-1).

                                                                              

-- Le Dytiscidae Eretes sticticus est une espèce très rare et sporadique dans notre pays, à tel point qu'elle a même été momentanément éliminée de la liste de la faune de France. Cependant, durant ces dernières années, quelques découvertes dans trois départements de la moitié sud de notre pays (dont deux pour le Sud-Ouest) ont permis de confirmer sa présence. Une carte de répartition reprenant l'ensemble des données anciennes et récentes est proposée pour notre territoire (article de J.-P. Tamisier in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2001-4). 

                                                                              

-- Encore un Coléoptère nouveau venu en France et semblant lié aux denrées entreposées : Typhaea decipiens. Facile à confondre avec l'espèce proche Typhaea stercorea, bien connue et largement répandue. Une carte de répartition est dressée. Des clichés permettent de comparer les deux espèces [habitus, édéage, tegmen] (article de J.-P. Tamisier in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2003-1).

                                                                              

-- Un rare Coléoptère (Aderidae) s'est fait capturer fortuitement à Gradignan (Gironde) le 12 septembre 2003, attiré par la lumière vespérale de C. Géry : il s'agit de Vanonus brevicornis brevicornis. L'espèce n'était jusqu'alors connue en France que de Sos (Lot-et-Garonne). Cette découverte est relatée in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2003, 4 (voir article ci-joint, de C. Géry). La longueur de l'insecte est un peu inférieure à 2 mm. 

                                                                              

-- Parmi les micro-coléoptères, les Clambidae constituent une petite famille à l'allure singulière. Ils possèdent notamment la faculté de pouvoir se rouler en boule pour échapper aux prédateurs. Clambus simsoni -espèce nouvellement recensée en France-, semble désormais bien implanté sur notre territoire. Un rappel de ses critères de détermination et une photo de l'organe copulateur sont proposés. Une carte de répartition de l'espèce est provisoirement dressée (article de J.-P. Tamisier & H. Callot in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2004-1).

-- Les Tenebrionidae sont des Coléoptères fort intéressants, mais, jusqu'à ces dernières années, assez peu étudiés en France. Cependant, grâce au travail remarquable de nos collègues Fabien et Laurent Soldati, la connaissance de cette faune a fait des progrès considérables. Au sein de la famille, l'aspect et le mode de vie de ces insectes sont très variables d'une espèce à l'autre. Un certain nombre sont même devenus cosmopolites, se développant dans les stocks de denrées entreposées où ils occasionnent parfois des dégâts. Le présent article de J.-P. Tamisier (in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2005-3), fait le point sur les connaissances actuelles disponibles sur les espèces présentes dans le département du Lot-et-Garonne. De nouvelles espèces sont signalées. Une liste complète est établie sur la base des anciens catalogues et des collections consultées et la validité de certaines citations est discutée.

-- Les Coléoptères saproxyliques sont des insectes liés durant au moins un stade de leur vie aux différents degrés de dégradation du bois. Dans les Pyrénées, leur diversité est importante et un certain nombre d'espèces sont considérées comme relictuelles d'un point de vue biogéographique. Ce sont en général de bons bioindicateurs de la qualité des milieux. Les auteurs de l'article ci-joint (in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2006-1) proposent une liste de 14 espèces qui sont nouvelles ou intéressantes pour l'Ariège, un département pyrénéen assez mal connu de ce point de vue...

-- Première capture en Gironde du Coléoptère Nitidulidé d'affinités montagnardes Cyllodes ater (Herbst), et réflexions sur sa présence dans la vallée de la Leyre (voir article d'Hervé Thomas in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2007, 3).

-- Parmi les Coléoptères, la famille des Chrysomelidae regroupe un ensemble intéressant d'espèces phytophages ayant un régime alimentaire plus ou moins spécialisé et dont les couleurs souvent chatoyantes ne laissent pas indifférent. J.-P. Tamisier a présenté dans le Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2009, 4 (article ci-joint) 19 espèces considérées comme rares ou nouvelles pour l'Aquitaine ou le Lot-et-Garonne, des régions géographiques qui demeurent assez mal connues du point de vue de leur entomofaune.

-- Capture en nombre de Phloiophilus edwardsi, coléoptère Phloiophilidae méconnu et nouveau pour la Gironde et la façade atlantique française, et observations in situ et en élevage. (voir article de Christian Géry in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2011, 3).

4. - Diptères

-- Le Diptère Exaireta spinigera (WIEDEMANN) (Diptera Stratiomyidae) a été découvert en Gironde (à Quinsac et à Gradignan) en 2008. C'est sans doute sa première mention pour la France entière. Originaire d'Australie, puis répandu aux U.S.A., ce taxon pourrait bien s'acclimater à nos régions et y devenir commun dans un proche avenir... Il est figuré dans l'article ci-joint de R. Lapeyre et P. Dauphin (in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2008, 3).

                                                                              

5. - Lépidoptères

-- Les papillons régionaux sont à l'honneur dans notre Bulletin. Plusieurs espèces de Lépidoptères Hétérocères, peu communes ou nouvelles pour le département de la Gironde, sont présentées et illustrées par J. Rogard (in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2010, 1 ; voir article ci-joint).

                                                                                

 -- Le Damier de la succise, ou Euphydryas aurinia, espèce protégée de papillon, a fait l'objet d'une étude concernant la reconnaissance -dans la région- des plantes hôtes utilisées par sa chenille (I. van Halder & B. Jourdain, in Bull. Soc. Linn. Bordeaux, 2010, 1 ; article ci-joint).Toutes les observations que vous pourrez faire seront bienvenues, et vous pouvez les transmettre aux auteurs, ce qui enrichira la discussion sur ce sujet.